La préfecture de la Drôme : son histoire

 
La préfecture de la Drôme

De la citadelle à la préfecture

La préfecture actuelle est implantée sur le site de la citadelle de Valence, construite dans les années 1580, au lendemain des guerres de Religion. Trois siècles plus tard, la ville est riche de deux casernes, d’un polygone et d’une école d’artillerie, faisant de Valence une place militaire importante du Dauphiné au XIXe siècle. La citadelle, devenue obsolète, cède la place à une troisième caserne, Chareton, inaugurée en 1868. Celle-ci disparaît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le site étant destiné à l’accueil de la préfecture de la Drôme.

La préfecture de Maurice Biny

Jusqu’en 1944, la préfecture de la Drôme est implantée dans l’ancien couvent de Saint-Ruf le Haut. Détruite par les bombardements de la Libération, ses bureaux s’installent ensuite dans l’ancienne caserne Brunet (actuel centre administratif Brunet). Les travaux de l’actuelle préfecture débutent en 1962 sur les anciens terrains militaires de Chareton, achetés par le conseil général pour regrouper les services publics : sécurité sociale, caisse d’allocations familiales, office HLM, mess des officiers sont implantés à proximité. L’État alloue des fonds pour le chantier, dans le cadre de la politique de reconstruction de la ville après guerre.

Le projet est signé Georges Goldfard et Maurice Biny, architectes des Bâtiments civils et palais nationaux. Ensemble architectural d’une grande sobriété, c’est l’un des édifices les plus représentatifs des années 1960 à Valence. Suivant les principes architecturaux de l’époque, la structure est composée de voiles et de dalles de béton permettant de vitrer toute la façade, avec brise-soleil à l’avant.

A l’intérieur, Maurice Biny utilise une grande diversité de matériaux, dont certains novateurs (imitations cuir, placages de bois) et des matériaux traditionnels comme la pierre, à laquelle il donne des effets de matière (plaques de pierres de Hauteville striées ou polies). Pour les décors et luminaires, il travaille avec l’Atelier de l’oeuf, qui regroupe architectes, sculpteurs, designers, graphistes et mosaïstes et avec son frère Jacques Biny, concepteur d’éclairages, qui réalise tous les lustres. En 1988, un concours est lancé pour l’extension des locaux devenus trop exigus. Il est remporté par la SOHRA, créée par Maurice Biny dans les années 1960. L’architecte Pierre Traversier conçoit un nouveau bâtiment en courbes et contre-courbes, parti inverse du bâtiment principal. L’escalier monumental est démoli, l’entrée du public repensée.

En 2012 l’édifice a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle ». Ce label a été créé en 2001 par le ministère de la Culture en vue d’identifier et de signaler les édifices et ensembles urbains témoins matériels de l’évolution technique, économique, sociale, politique et culturelle de notre société.

Hall Descorches

Dissimulant vestiaires et sanitaires, un paravent métallique composé de plaques montées sur câbles forme un rideau transparent du sol au plafond, scindant l’espace. Au mur : un tableau du peintre drômois Bernard Cathelin (1919-2004) et une tapisserie réalisée à Aubusson d’après un carton du tapissier et décorateur Maurice André (1914-1985).

Salle Delacroix (ancien fumoir)

Salle Delacroix

Dans la pièce la plus intime du bâtiment, la hauteur du plafond est atténuée par la présence de luminaires tubulaires de différentes hauteurs. La paroi du fond est couverte de panneaux de skaï, un matériau novateur pour l’époque, la cheminée monumentale de plaques de cuivre martelées et vernies.
Le fumoir doit son nom à Nicolas Delacroix (1785-1843), député de la Drôme, et arbore son portrait.

Grand vestibule

Son mur entièrement habillé de bois clair masque les accès à l’ancienne salle à manger (salle Barjavel) et à l’office. Les appliques de verre ont été dessinées par Maurice Biny et réalisées par son frère Jacques.

Grand salon d’apparat

Grand salon

Trois lustres monumentaux semblent en apesanteur dans cette pièce, la seule à recevoir un parquet.
Le travail du plafond, composé de panneaux parfois ouverts, parfois fermés, crée une sorte d’ondulation attirant le regard. Eclairé de grandes baies vitrées, ce salon de réception est habillé de revêtement menuisé de ton clair.

Salle Barjavel (salle à manger)

Cette salle qui porte le nom de l’écrivain René Barjavel (1911-1985) s’ouvre entièrement sur le jardin par de grandes baies vitrées placées côté est. Cette salle initialement utilisée pour les réceptions du préfet fait fonction depuis 1988 de salle de réunion. La résille métallique du plafond, constituée d’un ensemble de cubes ouverts en laiton formant luminaires, allie recherche esthétique et uniformité de l’éclairage.

La députation de la Drôme en 1890 – Alfred LOUDET (Montélimar 1836 – Paris 1898) / Huile sur toile (169 cm x 276 cm)

En juin 2012, Pierre-André DURAND, préfet de la Drôme a lancé un appel à mécénat afin de finaliser la restauration du tableau d’Alfred Loudet, La députation de la Drôme en 1890. La réalisation de la restauration du cadre a été possible grâce au financement de plusieurs mécènes et avec l’appui de la Fondation du patrimoine. Les mécènes sont les suivants :

  • Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme,
  • Groupe AREVA Tricastin,
  • EDF – CNPE Tricastin,
  • Docteur Jeanine Aunave-Glesner,
  • Marc Estrangin,
  • Pierre-André Durand.

La députation de la Drôme en 1890 est une peinture qui représente un intérêt tant du point de vue de l’histoire de l’art que de l’histoire politique drômoise. Dans cette œuvre, Alfred Loudet regroupe autour du sénateur Émile Loubet, futur président de la République, les différents représentants de la Drôme à la chambre des Députés et au Sénat en 1890.

De gauche à droite, sont représentés :

  • le sénateur Joseph Fayard,
  • le député François de Boissy d’Anglas,
  • le député et futur ministre de l’instruction publique Maurice Faure,
  • le député Noël Madier de Montjau,
  • le sénateur et futur président de la République Emile Loubet,
  • le député Antoine-Daniel Chevandier,
  • le député Louis Bizarelli.

Alfred Loudet est un peintre d’histoire et portraitiste né à Montélimar en 1836. A 16 ans, il entre à l’école des beaux-arts de Lyon, grâce à une bourse du Conseil général de la Drôme, puis à l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Léon Cogniet et Claude Bonnefon. Il concourt plusieurs fois pour le grand prix de Rome et fut classé premier par le jury en 1862 sans toutefois gagner le prix. Renonçant à concourir, il poursuit une carrière de peintre tout en étant professeur dans les écoles de la ville de Paris.

Cette huile sur toile, ayant miraculeusement échappé au bombardement de la préfecture, est exposée, à partir de 1945, dans la salle des délibérations du Conseil général située dans l’ancienne caserne Brunet. Elle est ensuite placée dans des réserves départementales. L’œuvre fut restaurée en 2003 par le Conseil général de la Drôme.

Journée du patrimoine 2013

Le Conseil général de la Drôme et la préfecture participent aux journées européennes du patrimoine en organisant trois visites gratuites commentées, le samedi 14 septembre 2013.
Les visiteurs peuvent découvrir la salle de délibération de l’Assemblée départementale (Marius Moutet), le Grand salon ainsi que les salles de réunion Barjavel et Delacroix, de la préfecture.

Dépliant préfecture et conseil général - journée du patrimoine 2013 (format pdf - 386 ko - 24/09/2013)

 
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