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Cérémonie de la Sainte Geneviève en préfecture de la Drôme

 

La Sainte Geneviève nous donne l’occasion de féliciter les gendarmes pour leur action tout au long de l’année dans la Drôme.

 

Hier soir, le préfet de la Drôme participait à la cérémonie de la Sainte Geneviève en préfecture aux côtés du colonel Herbeth, Commandant de Groupement de la gendarmerie départementale de la Drôme.

Discours prononcé par Eric Spitz, préfet de la Drôme :

"Allocution d’Eric SPITZ, Préfet de la Drôme
Sainte Geneviève
28/11/2017

Madame la députée,
Madame la Présidente du Conseil départemental,
Monsieur le Procureur de la République,
Monsieur le commandant de groupement de gendarmerie départementale, Mon Colonel,
Monsieur le directeur du service départemental d’incendie et de secours, Mon colonel,
Monsieur le délégué militaire départemental, Mon Colonel,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les officiers, sous-officiers et gradés de la gendarmerie,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,

Vous avez choisi de devenir gendarme. Cela n’a rien d’une évidence de nos jours.

Dans une époque où le loisir est sacré, vous avez épousé la contrainte.

Tous les métiers parlent « management horizontal », « brainstorming » et « bottom-up ».

Vous répondez « commandement », « ordre » et « discipline ».

Alors que les médias n’ont que le mot de métropole à la bouche, vous servez aussi bien en ville, en outre-mer, à l’étranger que dans les campagnes.

Naguère respectés partout, les gendarmes sont parfois accueillis par des pierres et des barreaux de chaises quand ils poursuivent un délinquant dans son quartier, comme ce fut le cas ce week-end dans le quartier de La Monnaie à Romans-sur-Isère.

Quand il met une amende, le gendarme est un monstre froid. S’il est clément, on le prend pour un faible.

Quand il retrouve un coupable après une interminable et épuisante enquête, « il est payé pour ça ».

Quand il n’est pas au bon moment au bon endroit, on a tôt fait de dire qu’il a manqué de discernement.

S’il perd son calme un seul instant quand on l’insulte, la sanction administrative et médiatique est sans appel.

Le gendarme revêt l’uniforme pour être au plus près des gens, il passe cependant des heures entières à remplir des tâches indues.

Et pourtant, rien de tout cela ne vous a découragé.

Rien n’y a fait : vous êtes devenus gendarmes.

Plus étonnant encore, alors que certains d’entre vous connaissaient la douceur de la vie civile, vous avez délibérément accepté toutes ces servitudes en devenant réservistes !

Pour l’observateur extérieur, reconnaissez que votre choix est pour le moins inhabituel.

Être gendarme en 2017, quel improbable sacerdoce !

Permettez-moi d’adresser quelques mots en votre nom à ceux qui connaissent mal la gendarmerie. Peut-être comprendront-ils un peu mieux ce qui a motivé votre choix.

Cela fait bientôt 20 ans que j’ai intégré le corps préfectoral. J’ai donc croisé quelques gendarmes, j’en ai côtoyé intimement certains, j’ai admiré beaucoup d’entre eux.

Entre 2001 et 2003, j’ai été directeur de cabinet en Nouvelle-Calédonie.

Je me souviendrai toute ma vie d’une opération de maintien de l’ordre très délicate aux portes de Nouméa : un gendarme fut blessé par balle à côté de moi.

Avant d’être évacué en hélicoptère, il a tenu à s’excuser.

L’étonnement que je ressentis alors est aujourd’hui intact : blessé grièvement alors qu’une balle venait de perforer son ventre, cet homme me demandait pardon de ne pas pouvoir continuer sa mission.

Voilà la gendarmerie.

Il reste chez les gendarmes une part d’honneur militaire inaltérable, un goût pour le dévouement, quelque chose des époques révolues et qui exhale la noblesse.

Les gendarmes reçoivent des médailles pour leurs actions. Il arrive aussi que leurs veuves et leurs enfants les reçoivent pour eux.

Un colonel m’a dit un jour : « un gendarme élève beaucoup d’enfants qui ne sont pas les siens ».

Un gendarme n’a pas de recette miracle pour voir un peu moins crûment un cadavre sur la route, une scène de ménage sordide ou un malade psychiatrique en détresse.

Un gendarme n’a pas de botte secrète pour menotter un enragé qui a une carrure de pilier.

Vos joies sont celles de la France toute entière.

Vous êtes contents quand vous interceptez une équipe de braqueurs qui terrifient des commerçants. Nous aussi.

Vous êtes fiers d’arrêter un automobiliste ivre qui allait ruiner sa vie et celle l’automobiliste qui arrivait en face. Nous aussi.

Vous avez l’impression de ne pas servir à rien quand vous évitez qu’une dispute de voisin finisse en homicide à l’arme de chasse. Nous aussi.

Nous aussi, nous partageons vos joies, vos peines, vos inquiétudes.

Nous aussi, nous souhaitons que les forces de sécurité puissent avoir des moyens dignes de leur dévouement.

Nous aussi, nous espérons que la police de sécurité du quotidien ne sera pas une concertation pour rien, qu’elle vous redonnera du temps pour comprendre et des outils pour agir.

Nous aussi, nous réclamons que jamais une famille de gendarmes ne soit réveillée par l’odeur du brûlé dans une caserne.

Ce qui se passait il y a peu en Corse et qui s’est produit ces derniers temps à Limoges, à Grenoble ou à Meylan est intolérable. Le gouvernement n’a aucune intention de laisser ces faits impunis.

Soyez assurés de notre vigilance en Drôme en la matière.

Pour toutes ces questions, la préfecture, la police et la gendarmerie travaillent ensemble.

En vérité, je veux vous le dire sans détour : je suis à votre disposition, aux côtés de votre commandement.

Parce que vous acceptez sans rechigner de remplir vos missions souvent changeantes, je vous dois une écoute sans faille lorsque vous avez des demandes.

Puisque je suis l’autorité à laquelle vous rendez des comptes si précieux, je ne vous ferai pas défaut lorsque vous aurez besoin de moi.

Vous avez fait baisser les violences physiques crapuleuses d’un quart en un an, vous répondez invariablement aux demandes des élus qui ont besoin de vous, vous êtes fiables, loyaux et persévérants.

Vous méritez le soutien indéfectible du gouvernement et vous l’avez.

Je n’idéalise pas la gendarmerie : je sais bien qu’elle est perfectible, comme toute société humaine.

Mais en Drôme, elle ne nous a jamais fait défaut.

Je profite d’ailleurs de cette occasion pour saluer le colonel HERBETH pour la qualité de nos relations, pour sa disponibilité.

L’intensité de nos échanges nous permet quotidiennement de répondre aux attentes des Drômois.

Chers gendarmes, à l’occasion de cette fête de l’Arme, mon dernier mot s’adresse à vos familles.

J’aperçois des époux, des épouses, des enfants. Je veux vous dire une chose simple : je vous remercie, tout simplement.

Nous savons que votre rôle est essentiel, que votre dévouement est au moins aussi remarquable que celui de nos gendarmes.

Depuis plusieurs années, nos forces de sécurité sont de plus en plus exposées.

Les attentats, la dégradation des conditions d’intervention dans certains quartiers et le durcissement de groupuscules politiques compliquent la tâche de nos gendarmes, de nos policiers mais aussi de nos pompiers.

Je mesure votre inquiétude et je veux vous assurer que les réformes actuelles dans la police et la gendarmerie viseront à assurer une plus grande sécurité à nos forces de l’ordre.

L’un des axes de réflexion de la police de sécurité du quotidien s’intitule d’ailleurs « une police respectée ».

La France emprunte quotidiennement votre père, votre mère, votre mari, votre femme, votre fils ou votre fille.

Quand, après une longue journée de labeur, elle consent à rendre à son foyer l’homme ou la femme qui fait son honneur, elle ne le fait pas sans regret.

Jalouse de ses fidèles serviteurs, notre patrie leur réserve souvent une vie d’humilité, loin des honneurs et du luxe.

Sachez toutefois qu’elle n’oublie ce qu’elle doit à ses défenseurs et à leurs admirables familles.

Vous êtes à nos gendarmes ce que le manche est à la lance : ils ne brillent que parce que vous les soutenez, ils ne servent que parce que vous les portez.

Vous connaissez leur appréhension lorsqu’ils partent faire une interpellation à six heures du matin.

Vous voyez leur soulagement quand une opération se passe bien et qu’ils rentrent avec le sentiment du devoir accompli.

Mieux que quiconque, vous pouvez attester de leur probité, de leur droiture.

Vous connaissez ce sentiment de fierté mêlée de crainte quand vos enfants font ce serment qu’ils tiennent parfois : « quand je serai grand, je serai gendarme ! ».

Les gendarmes veillent sur leurs concitoyens sans jamais oublier cette phrase d’Anatole France : « Le bonheur repose en famille, sous ce petit toit ». La Sainte Geneviève me donne l’occasion de saluer ce toit qui a tant d’importance pour eux.

Ce toit s’appelle la République. Ce toit est celui de la maison France.

Merci pour votre dévouement, votre courage et votre belle humanité."