Contenu

28 août 2016 : cérémonie des Justes parmi les Nations à Montségur-Sur-Lauzon

 
Crédit photo : https://yadvashem-france.org/

Eric SPITZ, préfet de la Drôme a présidé la cérémonie des Justes parmi les Nations de Montségur-Sur-Lauzon.

 

Le préfet a participé à la remise, à titre posthume, de la médaille et du diplôme de Justes parmi les Nations à Antonine, Francis, Jeanine, Pierre, Georges et Denise, six Montséguriens d’exception.

Extraits de son discours :

Il y eut une poignée de Justes, des hommes et des femmes qui ne parlaient ni d’honneur, ni de devoir, ni de pitié, ni de compassion, qui ne parlaient de rien d’ailleurs, mais qui vivaient tout simplement d’amour.

Leur destin est chaque fois le même : celui de gens ordinaires qui vivaient au quotidien, fidèles sans même s’en rendre compte, à des principes de vie très simples. Que ces principes leurs fussent inspirés par leur foi ou par leurs convictions humaines, qu’importe ? Ils furent une poignée à donner un sens au mot "humanité".

Je ne vous dirai pas qu’ils furent l’honneur d’un peuple. Je ne vous dirai pas qu’ils incarnaient la Nation. Je ne vous dirai pas qu’ils sauvèrent notre âme. Je ne veux pas considérer ce qu’ils ont fait, en dehors du cadre ordinaire de leur vie ; ce serait trahir l’élan spontané qui les a conduit à accueillir deux enfants Georgette et Thérèse Szerer en danger, en France il y a 76 ans - c’était hier - parce qu’elles étaient juives.

Ce serait en faire des héros, et en cela, donner une bonne excuse à tous ceux qui ne firent rien, à tout ceux qui ont fermé les yeux, à tous ceux qui se sont contentés d’attendre.

Le Juste répond à tous ceux qui ont fermé les yeux ou pire encore détourné le regard ; à tous ceux qui, au lendemain de la guerre, affirmèrent qu’eux-mêmes n’étaient pas responsables ; à tous ceux qui refusèrent de tendre la main ; à tous ceux enfin qui participèrent à la violence et à la haine ordinaires. 

Antonine, Francis, Jeanine, Pierre, Georges, Denise, n’avaient ni le sentiment, ni la volonté d’être des exemples. Ils ne se sentaient ni plus courageux, ni plus engagés, ni plus déterminés que d’autres. Ils ne se sont jamais considérés comme des héros. Et en définitive, même s’ils avaient la conviction que ce qu’il faisait était juste, ils ne prétendirent jamais à une quelconque reconnaissance.

A la banalisation du mal, sachons opposer la banalisation du bien
Et en l’espérant l’être nous-mêmes, apprenons à nos enfants à devenir, comme Antonine, Francis, Jeanine, Pierre, Georges et Denise, des Justes, c’est à dire tout simplement des gens biens.

Découvrez l’intégralité du discours_du_28_aout_2016 (format pdf - 160.2 ko - 26/08/2016)